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Finlande, Suède : vers un élargissement de l'Otan
À la suite de l'invasion de la Russie en Ukraine, la Suède a décidé de rompre avec sa politique de neutralité datant de la fin des guerres napoléoniennes puis de non-alignement militaire, appliqué depuis la fin de la Guerre froide, pour rejoindre l'Alliance atlantique. Le pays va devenir le 32ᵉ membre de l'Otan, maintenant que le Parlement hongrois a approuvé son entrée ce lundi.
Ce vote débloque une candidature déposée dans la foulée du début de l'offensive du Kremlin. La Suède avait alors montré qu'elle comptait bien se protéger des velléités expansionnistes de la Russie, en bénéficiant notamment de la puissance nucléaire de l'Alliance ou de son article 5, qui introduit le principe de défense collective. Mais l'Otan gagne aussi en intégrant un nouveau pays.
Tout d'abord, le budget défense de la Suède est conséquent. Car la politique de neutralité du pays n'a pas conduit à un arrêt total de ses dépenses dans ce domaine. Au contraire, ce poste de dépenses a même recommencé à augmenter en 2014 après l'annexion de la Crimée par la Russie. Selon le gouvernement, l'objectif de l'Otan, qui demande à tous ses membres de consacrer 2% de son PIB à la défense, devrait être franchi en 2024. 10 milliards d'euros devraient alors être consacrée à la défense.
L'armée suédoise peut par ailleurs mobiliser quelque 50.000 soldats, dont la moitié sont réservistes, en combinant ses différentes branches, pour une population d'un peu plus de 10 millions d'habitants. Dans les airs, elle s'appuie sur plus de 90 avions de chasse JAS 39 Gripen, du fabricant suédois Saab. Elle dispose aussi d'une flotte de guerre en mer Baltique qui comprend plusieurs corvettes et sous-marins.
Par ailleurs, la défense suédoise a déjà l'habitude de collaborer avec les forces de l'Otan. Tout en restant à l'extérieur de l'Alliance, elle s'en est rapprochée en rejoignant le Partenariat pour la paix en 1994 et le Conseil de partenariat euro-atlantique en 1997. Cette coopération s'est renforcée après l'annexion de la Crimée. L'interopérabilité que demande l'Otan ne devrait donc pas être difficile à mettre en place.
L'adhésion de la Suède offre par ailleurs une position stratégique à l'Otan face à la Russie. Elle permet d'abord de mieux protéger les trois États baltes, déjà membres de l'Otan. En effet, jusque-là, il existait un risque que ces pays se retrouvent isolés au cas où les forces russes s'empareraient des 65 km de territoire lituanien séparant le Belarus de l'enclave russe de Kaliningrad, lourdement armée. Avec l'adhésion de la Suède, qui contrôle l'accès à la mer Baltique et à la mer du Nord, les forces armées de l'Otan pourraient transiter par ce territoire.
Afin de sécuriser un peu plus la position de l'Otan, le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a également déclaré en janvier que son pays était prêt à fournir des troupes aux forces de l'Otan en Lettonie. La Suède apporte aussi l'île de Gotland, remilitarisée depuis 2018. Située entre la Suède et la Lettonie, elle permettra à l'Otan de mieux verrouiller cette partie de la mer Baltique, désormais presque intégralement bordée par des pays membres.
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D'un point de vue général, l'adhésion de la Suède renforce l'Alliance, que ce soit militairement ou d'un point de vue géostratégique. "Il s'agira d'une force assez impressionnante avec, espérons-le, la puissance combinée de 32 pays, de la Turquie au sud jusqu'au Svalbard" au nord, décrivait le chef de l'armée suédoise, Jonny Lindfors, au journal Dagens Nyheter en décembre dernier. Une consolidation de l'Alliance bienvenue après les dernières menaces de Donald Trump contre l'Alliance.
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